
vendredi 28 novembre 2008
Fin novembre c'est la période où les établissements scolaires font leur conseil de classe: les élèves- sérieux ou pas- appréhendent ce moment. C'est un moment fort de l'année, on est face aux profs et face à soi, rares sont ceux qui s'en fichent: il y a ceux qui recomptent bien leur moyenne, ceux qui se demandent ce qui va encore leur tomber dessus, ceux qui demandent au prof " hey m'sieur vous allez être méchant avec moi?". Les profs eux remplissent leur bulletin ( ou plutôt" tapent"- car rares sont les bastions des antédiluviens bulletins manuscrits), certains soignent leur prose, d'autres font à la va-vite des commentaires qui n'expliquent en rien la note, ni n'offrent de conseil( 10/20 "moyen"). Les chefs d'établissement ,eux, ont eu le choix de placer les conseils sur les heures de cours en journée pour que les élèves assistent à leur conseil ou après les cours en fin d'apres-midi débordant sur la soirée (on comprend bien que les établissements qui font des conseils après les cours avec les élèves sont ceux qui ont des élèves scolaires qui vont rester après les cours pour assiter à leur conseil...).
15h15.
Le chef d'établissement se fait attendre, les profs s'impatientent: certains évoquent le classe, d'autres lisent le "20 minutes". Enfin le chef arrive et le chef va mener sa tribu. Minorer les difficultés ( oh vous savez c'est pire ailleurs, on est pas en Zep!), garder à tout prix les élèves difficiles ( pas d'élèves trainant dans la rue, il faut les garder dans nos murs!), diagnostiquer, prendre des notes , pas trop agir ou alors frapper sur une ou deux cibles...Tour de table des cas particuliers ( ah bin oui le ptit Kamel il a 30 jours d'absence faut qu'on voit les parents!- la moitié de la classe n'a pas choisi cette filière professionnelle/ bin oui c'est le logiciel qui nous les amène on a pas le choix...). Ca constate.Ca peut pas faire grand chose. Ca doit accueillir la masse, donner des diplômes en masse donc ça doit tolèrer l'irrespectueux, l'asocial. On n'applaudit plus à partir d'excellentes notes, non Madame, on s'émerveille quand déjà ils nous saluent dans les couloirs et qu'ils rendent le devoir dans les temps. On ne frappe pas du poing sure la table quand on est tutoyé, menacé( oh c'est des gamins, c'est de leur âge), quand ça balance une chaise dans la classe, non Monsieur, il faut attendre d'être frappé pour que l'administration se réveille. Car oui l'équipe de direction devient souvent l'administration, vous savez ce truc rigide, inhumain et non le management les chef d'établissements ils connaissent pas vraiment, ils gèrent des personnels ils ne mènent pas des équipes.
15h35
Les délégués d'élèves arrivent ( de parents? vous plaisantez! soit ils s'en fichent soit ils sentent que l'école c'est un espace gardé d'où ils sont exclus). Généralement rien à dire à part " c'est pas bon la cantine" , normal on va pas leur reprocher de ne pas dire que le prof de maths est un gueulard, que le prof de techno passe la moitié du cours sur internet, ni de complimenter le prof de sports pour sa sortie "jeu de piste" ou la prof de svt pour son sens de l'écoute, les délégués on ne les forme pas et quand ça arrive on leur dit que le conseil n'est pas un lieu de critique...Donner la parole aux usagers qu'ils sont?Ou ne pas les considérer comme usagers? Heureusement que ces bonnes dames ( ou messieurs ) de la cantine sont là pour qu'elles soient la tête de Turc des conseils de classe!
Les élèves passent un par un, enfoncés dans leur chasse, le visage rouge, avachis la tête de côté jouant l' indifférent, droit fixant méchamment son interlocuteur. Pour casser le rythme parfois un élève s'asseoit trop lourdement sur le siège en cuir qui se met alors à péter, l'élève est mortifié, le prof jubile de ce divertissement!Les profs prennent difficilement la parole le/la chef gronde fait formuler aux élèves des réponses bêtes mais peut-être nécessaires (et pourquoi tu as de mauvaises notes?/ parce que je travaille pas assez// Et qu'est-ce que tu vas faire pour t'améliorer/ je vais me calmer en cours), les profs bataillent pour qu'un avertissement tombe, impossible d'avoir le blâme , il y a toujours des collégues pour ne pas être solidaires et aller dans le sens du chef qui se passe bien de ce genre de notification ( il veur croire que tout va bien, qu'il gère bien)...L'esprit d'équipe dans l'éducation nationale :0/20!
Bien sûr parfois on est content, on félicite l'élève exemplaire, on est heureux d'avoir recupéré un élève en dérive, d'avoir redonné le gôut de l'école et de l'effort, on encourage ceux qui n'ont pas forcèment la moyenne mais qui bossent. Ah , bosser,le sens du travail, de l'effort...on chérie ce qui est en train de se perdre ( bin oui on donne l'examen donc on s'en fout qu'ils bossent,on veut juste qu'ils nous tapent pas)!
Alors le prof rentre chez lui, il sait qu'il sert à quelque chose, qu'il aide à élever même s'il éduque de plus en plus. Le chef est content, les bulletins sont remplis, les moutons sont bien gardés. L'élève rentre chez lui , ne comprend pas bien pourquoi c'est si sérieux et exigeant l'école alors que tous les cousins et les grands frères ils ont un diplôme sans avoir bossé et qui leur sert à rien...
Fin novembre c'est la période où les établissements scolaires font leur conseil de classe: les élèves- sérieux ou pas- appréhendent ce moment. C'est un moment fort de l'année, on est face aux profs et face à soi, rares sont ceux qui s'en fichent: il y a ceux qui recomptent bien leur moyenne, ceux qui se demandent ce qui va encore leur tomber dessus, ceux qui demandent au prof " hey m'sieur vous allez être méchant avec moi?". Les profs eux remplissent leur bulletin ( ou plutôt" tapent"- car rares sont les bastions des antédiluviens bulletins manuscrits), certains soignent leur prose, d'autres font à la va-vite des commentaires qui n'expliquent en rien la note, ni n'offrent de conseil( 10/20 "moyen"). Les chefs d'établissement ,eux, ont eu le choix de placer les conseils sur les heures de cours en journée pour que les élèves assistent à leur conseil ou après les cours en fin d'apres-midi débordant sur la soirée (on comprend bien que les établissements qui font des conseils après les cours avec les élèves sont ceux qui ont des élèves scolaires qui vont rester après les cours pour assiter à leur conseil...).
15h15.
Le chef d'établissement se fait attendre, les profs s'impatientent: certains évoquent le classe, d'autres lisent le "20 minutes". Enfin le chef arrive et le chef va mener sa tribu. Minorer les difficultés ( oh vous savez c'est pire ailleurs, on est pas en Zep!), garder à tout prix les élèves difficiles ( pas d'élèves trainant dans la rue, il faut les garder dans nos murs!), diagnostiquer, prendre des notes , pas trop agir ou alors frapper sur une ou deux cibles...Tour de table des cas particuliers ( ah bin oui le ptit Kamel il a 30 jours d'absence faut qu'on voit les parents!- la moitié de la classe n'a pas choisi cette filière professionnelle/ bin oui c'est le logiciel qui nous les amène on a pas le choix...). Ca constate.Ca peut pas faire grand chose. Ca doit accueillir la masse, donner des diplômes en masse donc ça doit tolèrer l'irrespectueux, l'asocial. On n'applaudit plus à partir d'excellentes notes, non Madame, on s'émerveille quand déjà ils nous saluent dans les couloirs et qu'ils rendent le devoir dans les temps. On ne frappe pas du poing sure la table quand on est tutoyé, menacé( oh c'est des gamins, c'est de leur âge), quand ça balance une chaise dans la classe, non Monsieur, il faut attendre d'être frappé pour que l'administration se réveille. Car oui l'équipe de direction devient souvent l'administration, vous savez ce truc rigide, inhumain et non le management les chef d'établissements ils connaissent pas vraiment, ils gèrent des personnels ils ne mènent pas des équipes.
15h35
Les délégués d'élèves arrivent ( de parents? vous plaisantez! soit ils s'en fichent soit ils sentent que l'école c'est un espace gardé d'où ils sont exclus). Généralement rien à dire à part " c'est pas bon la cantine" , normal on va pas leur reprocher de ne pas dire que le prof de maths est un gueulard, que le prof de techno passe la moitié du cours sur internet, ni de complimenter le prof de sports pour sa sortie "jeu de piste" ou la prof de svt pour son sens de l'écoute, les délégués on ne les forme pas et quand ça arrive on leur dit que le conseil n'est pas un lieu de critique...Donner la parole aux usagers qu'ils sont?Ou ne pas les considérer comme usagers? Heureusement que ces bonnes dames ( ou messieurs ) de la cantine sont là pour qu'elles soient la tête de Turc des conseils de classe!
Les élèves passent un par un, enfoncés dans leur chasse, le visage rouge, avachis la tête de côté jouant l' indifférent, droit fixant méchamment son interlocuteur. Pour casser le rythme parfois un élève s'asseoit trop lourdement sur le siège en cuir qui se met alors à péter, l'élève est mortifié, le prof jubile de ce divertissement!Les profs prennent difficilement la parole le/la chef gronde fait formuler aux élèves des réponses bêtes mais peut-être nécessaires (et pourquoi tu as de mauvaises notes?/ parce que je travaille pas assez// Et qu'est-ce que tu vas faire pour t'améliorer/ je vais me calmer en cours), les profs bataillent pour qu'un avertissement tombe, impossible d'avoir le blâme , il y a toujours des collégues pour ne pas être solidaires et aller dans le sens du chef qui se passe bien de ce genre de notification ( il veur croire que tout va bien, qu'il gère bien)...L'esprit d'équipe dans l'éducation nationale :0/20!
Bien sûr parfois on est content, on félicite l'élève exemplaire, on est heureux d'avoir recupéré un élève en dérive, d'avoir redonné le gôut de l'école et de l'effort, on encourage ceux qui n'ont pas forcèment la moyenne mais qui bossent. Ah , bosser,le sens du travail, de l'effort...on chérie ce qui est en train de se perdre ( bin oui on donne l'examen donc on s'en fout qu'ils bossent,on veut juste qu'ils nous tapent pas)!
Alors le prof rentre chez lui, il sait qu'il sert à quelque chose, qu'il aide à élever même s'il éduque de plus en plus. Le chef est content, les bulletins sont remplis, les moutons sont bien gardés. L'élève rentre chez lui , ne comprend pas bien pourquoi c'est si sérieux et exigeant l'école alors que tous les cousins et les grands frères ils ont un diplôme sans avoir bossé et qui leur sert à rien...
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