mercredi 3 décembre 2008

Les profs en maternelle :ils changent les couches?

Le minsitre Xavier Darcos vient de s'excuser de ses propos tenus l'été dernier nous apprend le site de libération.

Le ministre de l’Education Xavier Darcos a présenté, ce mercredi, au Sénat, ses excuses aux enseignants d’école maternelle, après des propos qu’il avait tenus en juillet sur le niveau de recrutement des enseignants accueillant les enfants de moins de trois ans.Il s’y demandait, en parlant des enfants de moins de trois ans, s’il était «vraiment logique (…) que nous fassions passer des concours bac + 5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches?».

Or n'est-il pas hypocrite de nier qu'un enseignant de maternelle doit dans ses tâches surveiller les heures de sieste, aider les enfants à devenir propres , transmettre des savoir-vivre ensemble avant de transmettre des savoirs?

L'école matenrelle se donne les 4 objectifs suivants:

S'approprier le langage - découvrir l'écrit
Devenir élève ( comprendre le sens de l'école,interagir avec les autres...)
Agir et s'exprimer avec son corps
Découvrir le monde ( prendre conscience du temps et de l'espace)
Percevoir, sentir, imaginer, créer

Est-il nécessaire d'avoir bac+ 5 pour enseigner ses bases - aussi fondamentales soient-elles? Pourquoi ne pas envisager un recrutement moins élevé et donc un salaire moins élevé ? Cela permettrait à des personnes qui n'auraient pas forcément un parcours universitaire élevé d'enseigner (ainsi une formation bac+2 ou une formation après un bac sms par exemple) tout en faisant des économies,par le ministère. Hérésie que de ne pas mettre tout enseignant au même niveau? Hypocrisie de croire que pour enseigner en maternelle il faut autant de connaissances qu'un enseignant bac+5!!!

Alors oui Xavier Darcos a été maladroit , il a néanmoins touché un point tout à fait vrai que le politiquement correct ne veut sûrement pas voir.

samedi 29 novembre 2008

Noter les profs


Les profs ont une note sur 100 composée d'une note annuelle administrative sur 40 ( on part à 30) et d'une note pédagogique d'inspection sur 60 tous les...euh 4 ans environ mais c'est très variable. Le total des deux donne une note qui permet ensuite d'avancer plus au moins vite, de changer d'échelon (il y en a 11) au mieux on change d'échelon( et la paye augmente alors d'a peu près 100 euros) tous les 2 ans et demi ou tous les 3 ans et demi ou 4 au pire.


La note administrative faite par le chef d'établissement se base sur 3 critères:

- ponctualité, assiduité ( les absences justifiées type maladie ne sont pas sansctionnables)

- dynamisme

- autorité et rayonnement ( prime aux blond(e)s?)


Cela se fait sans entretien avec le chef et la note peut être contesté. mais dans tous les cas les notes sont msies dans une fourchette relative à l'échelon ( en gros gagner 0.5 par an est un must).


La note pédagogique résulte de l'inspection d'une heure d'un cours suivi d'un entretien avec l'inspecteur. La note et le rapport sont envoyés un mois après mais parfois 4,5 ,6 mois après!!( douteux de noter après autant de temps...). Là encore la note se base dans une fourchette relative à l'échelon.


Au final vu les fourchette données, vu la notion de favoritisme possible au niveau de la note administrative et de l'arbitraire d'une note résultant d'une heure de visite en classe, la note d'un prof n'est pas vraiment une note du mérite.


Pourquoi ne pas faire d'entretien avec le chef d'établissement par équipe?Où chaque prof pourrait défendre son action dans l'établissement et ainsi voir ,comparer les notes avec ses collégues au lieu de l'opacité du système actuel?


Pourquoi ne pas être donné par les élèves? Oh bien sûr se dit-on un élève peut saquer un prof et se venger, il peut être mu par une émotion qui exclue une vision objective...Or je viens de lire un article fort interéssant dont voici un extrait sur la notation des profs par les élèves. je vous invite à lire l'articile en en entier via le lien final.


"Ainsi, on pourrait imaginer une notation de type 'tickets d'évaluation'. Pour faire simple, chaque élève se verrait attribuer les tickets positifs suivants :+5 : 1 ticket+4 : 1 ticket+3 : 2 tickets+2 : 3 tickets+1 : 4 tickets
Les tickets négatifs seraient aussi distribués :-5 : 1 ticket-4 : 1 ticket-3 : 2 tickets-2 : 3 tickets-1 : 4 tickets
Chaque prof se voit attribuer une note 0 en l'absence de notation, ce qui a le mérite de la simplicité, autant du point de vue mathématique (dans le calcul de la moyenne) que pratique (pas besoin de noter un prof moyen).
Chaque élève distribue ainsi ses tickets à chaque professeur. L'intérêt, c'est que ce système de notation suit une loi qui s'approche d'une
loi binomiale. Je ne sais pas si la notation des profs suit une loi binomiale en France, mais si on me le disait, je ne crierais pas au scandale. En effet, partir du principe que la plupart des profs sont moyens (note 0) et que seule une minorité est nulle ou exceptionnelle tombe, à priori, sous le sens. Si tous les profs étaient exceptionnels, le critère d'exception perdrait tout son qualificatif..."


vendredi 28 novembre 2008

Conseil dé(classé)






vendredi 28 novembre 2008

Fin novembre c'est la période où les établissements scolaires font leur conseil de classe: les élèves- sérieux ou pas- appréhendent ce moment. C'est un moment fort de l'année, on est face aux profs et face à soi, rares sont ceux qui s'en fichent: il y a ceux qui recomptent bien leur moyenne, ceux qui se demandent ce qui va encore leur tomber dessus, ceux qui demandent au prof " hey m'sieur vous allez être méchant avec moi?". Les profs eux remplissent leur bulletin ( ou plutôt" tapent"- car rares sont les bastions des antédiluviens bulletins manuscrits), certains soignent leur prose, d'autres font à la va-vite des commentaires qui n'expliquent en rien la note, ni n'offrent de conseil( 10/20 "moyen"). Les chefs d'établissement ,eux, ont eu le choix de placer les conseils sur les heures de cours en journée pour que les élèves assistent à leur conseil ou après les cours en fin d'apres-midi débordant sur la soirée (on comprend bien que les établissements qui font des conseils après les cours avec les élèves sont ceux qui ont des élèves scolaires qui vont rester après les cours pour assiter à leur conseil...).

15h15.

Le chef d'établissement se fait attendre, les profs s'impatientent: certains évoquent le classe, d'autres lisent le "20 minutes". Enfin le chef arrive et le chef va mener sa tribu. Minorer les difficultés ( oh vous savez c'est pire ailleurs, on est pas en Zep!), garder à tout prix les élèves difficiles ( pas d'élèves trainant dans la rue, il faut les garder dans nos murs!), diagnostiquer, prendre des notes , pas trop agir ou alors frapper sur une ou deux cibles...Tour de table des cas particuliers ( ah bin oui le ptit Kamel il a 30 jours d'absence faut qu'on voit les parents!- la moitié de la classe n'a pas choisi cette filière professionnelle/ bin oui c'est le logiciel qui nous les amène on a pas le choix...). Ca constate.Ca peut pas faire grand chose. Ca doit accueillir la masse, donner des diplômes en masse donc ça doit tolèrer l'irrespectueux, l'asocial. On n'applaudit plus à partir d'excellentes notes, non Madame, on s'émerveille quand déjà ils nous saluent dans les couloirs et qu'ils rendent le devoir dans les temps. On ne frappe pas du poing sure la table quand on est tutoyé, menacé( oh c'est des gamins, c'est de leur âge), quand ça balance une chaise dans la classe, non Monsieur, il faut attendre d'être frappé pour que l'administration se réveille. Car oui l'équipe de direction devient souvent l'administration, vous savez ce truc rigide, inhumain et non le management les chef d'établissements ils connaissent pas vraiment, ils gèrent des personnels ils ne mènent pas des équipes.

15h35

Les délégués d'élèves arrivent ( de parents? vous plaisantez! soit ils s'en fichent soit ils sentent que l'école c'est un espace gardé d'où ils sont exclus). Généralement rien à dire à part " c'est pas bon la cantine" , normal on va pas leur reprocher de ne pas dire que le prof de maths est un gueulard, que le prof de techno passe la moitié du cours sur internet, ni de complimenter le prof de sports pour sa sortie "jeu de piste" ou la prof de svt pour son sens de l'écoute, les délégués on ne les forme pas et quand ça arrive on leur dit que le conseil n'est pas un lieu de critique...Donner la parole aux usagers qu'ils sont?Ou ne pas les considérer comme usagers? Heureusement que ces bonnes dames ( ou messieurs ) de la cantine sont là pour qu'elles soient la tête de Turc des conseils de classe!

Les élèves passent un par un, enfoncés dans leur chasse, le visage rouge, avachis la tête de côté jouant l' indifférent, droit fixant méchamment son interlocuteur. Pour casser le rythme parfois un élève s'asseoit trop lourdement sur le siège en cuir qui se met alors à péter, l'élève est mortifié, le prof jubile de ce divertissement!Les profs prennent difficilement la parole le/la chef gronde fait formuler aux élèves des réponses bêtes mais peut-être nécessaires (et pourquoi tu as de mauvaises notes?/ parce que je travaille pas assez// Et qu'est-ce que tu vas faire pour t'améliorer/ je vais me calmer en cours), les profs bataillent pour qu'un avertissement tombe, impossible d'avoir le blâme , il y a toujours des collégues pour ne pas être solidaires et aller dans le sens du chef qui se passe bien de ce genre de notification ( il veur croire que tout va bien, qu'il gère bien)...L'esprit d'équipe dans l'éducation nationale :0/20!

Bien sûr parfois on est content, on félicite l'élève exemplaire, on est heureux d'avoir recupéré un élève en dérive, d'avoir redonné le gôut de l'école et de l'effort, on encourage ceux qui n'ont pas forcèment la moyenne mais qui bossent. Ah , bosser,le sens du travail, de l'effort...on chérie ce qui est en train de se perdre ( bin oui on donne l'examen donc on s'en fout qu'ils bossent,on veut juste qu'ils nous tapent pas)!

Alors le prof rentre chez lui, il sait qu'il sert à quelque chose, qu'il aide à élever même s'il éduque de plus en plus. Le chef est content, les bulletins sont remplis, les moutons sont bien gardés. L'élève rentre chez lui , ne comprend pas bien pourquoi c'est si sérieux et exigeant l'école alors que tous les cousins et les grands frères ils ont un diplôme sans avoir bossé et qui leur sert à rien...